21/03/2015

Souvenirs d'un ténor du barreau genevois.

1983. Palais de justice. Chambre d'acc. La salle dévolue aux audiences de demande de remise en liberté bruisse des papotages d'avocats qui attendent leur tour pour plaider. Soudain une voix s'élève. Immédiatement un silence inhabituel s'installe dans le prétoire. Merveilleux timbre de basse. Exceptionnelle gestuelle de la main droite en courbes fascinantes. Jeune avocat-stagiaire j'écoute, subjugué et attentif, Me Michel Halpérin. Un talentueux et inégalé plaideur.

1997. Modeste avocat d'assurances j'écris un peu imprudemment à l'homme de loi précité : " A la lecture de votre récent courrier une certaine lassitude a envahi l'âme du soussigné." Réponse rapide, élégante et superbe : " Votre courrier m'apprend votre âme et sa lassitude. N'ayant jamais douté de l'une et croyant l'autre impossible, je m'empresse de vous apporter le réconfort de mon ministère".

Olivier Emery

09:26 Publié dans Genève, vie locale | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |

Commentaires

Personne ne doute de la finesse autoproclamée, de l'élégance langagière des "ténors du barreau". Certains, en revanche, restent dubitatifs quant à leur aptitude à faire appliquer le droit - voire la justice. Dans cette perspective, la ridicule prétention "rhétorique", portée haut par certains professionnels laisse songeur...

Écrit par : Boeufbourguignon | 23/03/2015

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