18/04/2014

« Amin Maalouf ? Mais c’est une légende ici ! »

C’est en ces termes que me répond, dans le cadre d’un entretien téléphonique professionnel, ma correspondante vivant à Beyrouth.

-       « Que lisez-vous ? »

-       « Origines. C’est l’enquête de l’auteur pour retrouver les morceaux du puzzle de la vie de son grand-père resté en Orient et de son grand-oncle exilé à Cuba ».

Un grand jeu de piste sur les chemins de la mémoire familiale, parsemé d’amour et de malentendu, de fidélité et de rupture, d’idéaux et de soucis quotidiens.

Une lecture, aussi, en forme de chasse aux trésors :

-       « Nous sommes les générations arrogantes qui sont persuadées qu’un bonheur durable leur a été promis à la naissance – promis ? mais par qui donc ? »

-       « En raison de cette distorsion dans l’échelle des valeurs qui nous fait dédaigner les activités socialement utiles au profit des activités pécuniairement rentables, l’enseignement a beaucoup perdu de son prestige. »

-       « L’Histoire a souvent tort ; mais notre lâcheté de mortels nous conduit à expliquer doctement pourquoi ses décrets étaient justes, pourquoi ce qui est arrivé était inéluctable, et pourquoi nos nobles rêves méritaient de crever ».

-       « Mieux valait le risque de l’hérésie protestante que la certitude de l’analphabétisme ».

-       « Le passé est forcément fragmentaire, forcément reconstitué, forcément réinventé. On n’y récolte jamais que les vérités d’aujourd’hui ».          

Olivier Emery

05:14 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer |

Commentaires

Comme si les phrases évitaient sournoisement de laisser jaillir un brin de vérité !

Ce genre de non-dire me fatigue, il n'y a plus que ça et dans toutes les situations !!

Écrit par : Corto | 22/04/2014

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