07/01/2013

Vive la Laïcité : la nouvelle religion à la mode !

La laïcité "républicaine française" est la dernière religion "tendance". Pure et dure. Intolérante, elle brandit son étendard sur l'Hexagone et déborde largement sur sa marche genevoise. Sus à la moindre expression publique d'ordre spirituel ! Il faut préserver la Sainte Laïcité en tous lieux publics et en tous temps.

 

Ses prêtres sont de tous bords politiques et ne semblent guère s'embarrasser de voisinages douteux. Ainsi dans un excellent article paru le 5 janvier 2013, "Le Monde" rappelle qu'en septembre 2012 Mme le Pen réclamait "que la kippa et le hidjab soient interdits dans les rues par souci de laïcité". A quand l'interdiction d'un pendentif en forme de croix ?

 

Il conviendrait que les ardents prosélytes de cette nouvelle religion se calment, prennent un peu de recul et (re)deviennent intelligents. L'enjeu est de taille : on ne saurait bafouer les libertés individuelles et annuler la liberté de conscience et de religion. En effet ces libertés sont excessivement précieuses à nos sociétés humaines.  

 

C'est du Canada que souffle le zéphyr du bons sens et de la sagesse. Dans le même article précité, le philosophe canadien politique Charles Taylor explique qu'une saine et souhaitable laïcité de l'Etat doit s'inscrire dans le cadre du respect " de la pluralité et de l'égalité des perspectives religieuses" qui suppose une réelle "protection de la liberté de conscience et de religion". Et d'affirmer une évidence propre à détendre les excités/excitants chantres de la laïcité "française radicale"  : prendre en considération les différences provenant de minorités religieuses ne signifie pas imposer des préférences à la majorité.

 

L'enjeu est de construire une société pluraliste pacifiée, fondée sur la reconnaissance raisonnable des singularités". Voici deux exemples canadiens d'accommodement; l'un admis, l'autre refusé. Le changement des dates des examens en tenant compte des fêtes religieuses qui permet aux élèves de ne pas se trouver déchirés entre leur tradition et la réussite scolaire ? Admis. Laisser aux imams le soin de régler les litiges des familles musulmanes en cas de divorce ou de décès ? Non a tranché le gouvernement : tous les tribunaux religieux (musulmans, juifs ou catholiques) sont supprimés, c'est l'Etat qui élabore la loi civile.                

 

Cet accommodement fondamentalement bienveillant et intelligemment raisonnable est la fierté d'une vraie et saine démocratie laïque. Tant le souci de la liberté religieuse individuelle que la capacité à ne pas accepter tout et n'importe quoi y trouvent place. Par le consensus. Par le débat. Par le refus des rumeurs alarmistes et déformantes.

 

 

Olivier Emery   

14:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |

Les commentaires sont fermés.