22/12/2012

24 décembre 1943 : déporté au garde-à-vous devant son chef de camp nazi. Une vraie histoire (vraie) de Noël.

Paris. Printemps 1943. Réquisitionné par les Allemands pour fonctionner comme interprète, Erino Dapozzo parvient à sauver des Juifs et des résistants. Arrêté par la Gestapo il est déporté dans un camp de travail en Allemagne près d'Hambourg. Le camp est très dur. Insalubrité, famine et cruelle froidure hivernale sont au rendez-vous en cette veille de Noël 1943. Erino est convoqué par le chef de camp qui le reçoit dans sa confortable baraque, le fait mettre au garde-à-vous devant sa table et, sadique, se régale lentement d'un festin de Noël en se moquant de son infortuné prisonnier. Arrivé au dessert il débale un petit paquet de gâteaux qu'il se met à manger avec délice :

- Oh qu'ils sont bons ! Votre femme est une remarquable cuisinière, elle vous en envoie chaque mois et ils sont toujours délicieux !

Erino imagine son épouse et ses enfants privés de presque tout qui se privent encore d'avantage d'un peu de farine et de beurre pour leur époux et papa déporté; une voix diabolique lui souffle alors :

- Hais-le ! C'est la guerre, tu as le droit d'haïr cet homme infâme !

Erino prie intérieurement et Jésus lui répond : "Moi je vous dis d'aimer vos ennemis". Son abattement fait alors place à une paix joyeuse. Il dit à son bourreau qu'il l'aime et qu'il va prier pour lui. Quel renversement ! Le commandant devient furieux et sur requête de son prisonnier le renvoie dans son baraquement.        

Dix ans plus tard Erino parvient à retrouver la trace de son ex-commandant. Après la guerre, celui-ci a plusieurs fois changé d'identité et de domicile pour se cacher et éviter des représailles. Accompagné d'un ami pasteur Erino lui rend visite à l'heure du goûter après avoir acheté des petits gâteaux. Il se présente :

- "Bonjour chef de camp X ! Je suis le prisonnier no X du baraquement X ! Vous savez...celui des petits gâteaux de Noël. 

L'homme blêmit tout comme sa femme et ses deux filles :

- " Vous êtes venu pour vous venger ?"

- " Ja wohl ! Votre épouse pourrait-elle nous préparer s'il vous plaît une tasse de thé ? J'ai apporté quelques petits gâteaux"

Autour de la table familiale Erino lui parle d'une vengeance très spéciale qui a pour nom le pardon :

- " Je viens vous annoncer que je vous pardonne. Avec votre passé, vous portez un énorme poids de culpabilité. Rien ni personne ne pourra vous en libérer, sauf celui qui est venu sur terre à Noël pour cette mission. Réfléchissez-y".       

Deux ans plus tard l'ancien chef de camp devient chrétien, l'ami et le frère d'Erino.

Chers lectrices et lecteurs de la Tribune de Genève, je vous souhaite la joie et la paix profonde de Noël. Celles que procure le pardon reçu et donné. Sans exception. Sans aucune restriction.     

 Olivier Emery

P.S Le récit complet des aventures extraordinaires vécues par Erino tout au long de sa vie est sur www.dapozzo.com

09:53 Publié dans Bible et Evangile | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer |

Commentaires

Magnifique tranche de vie! Merci! Joyeux Noël

Écrit par : Sérum | 22/12/2012

Comment pourrait on pardonner au nom des autres victimes ?

Au delà du pardon, différentes formes de grâces resterons couvertes de traitrises, Erino n'est pas le seul à avoir pardonner des nazis en fuites, ils sont pratiquement tous passés par le Vatican pour organiser leurs "reconversions", également bénies par bon nombre de membres de cette église qui semblerait vouloir se pardonner en pardonnant !!

Écrit par : Corto | 22/12/2012

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