06/01/2012

BNS/Hildebrand : scandale ou pas scandale ?

Anisi le patron de la BNS n'aurait "ni menti ni triché" en cette affaire et l'on devrait donc le laisser tranquille. Pas si sûr. En effet, deux éléments restent problématiques :

 

1)    L'attaque contre le Président de la BNS provient de M. Blocher (future-ex) figure de proue d'une UDC nauséabonde au nez de nombreux concitoyens épris de dignité. Dès lors la tentation de défendre la "cible-victime" de M. Blocher risque de rendre moins objective la majorité de la presse et du monde politique.

 

2)    Il est temps de reconnaître et de publier haut et fort que – fondamentalement - la spéculation est une chose malsaine. Et pas seulement sa forme aggravée que constitue le délit d'initié. Mais oui Mesdames et Messieurs grands ou petits boursicoteurs devant l'Eternel : ce n'est "pas bien" de gagner de l'argent sans que ce gain soit le fruit d'un travail. "C'est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain" (Genèse 3:19). Ce n'est pas parce que ce type d'activité est autorisé par la loi ou un règlement (défectueux ou non) de la BNS qu'il n'en demeure pas moins moralement condamnable.

 

Ce n'est que le jour où M. Hildebrand et son épouse démontreront qu'ils n'ont pas spéculé sur les devises lors de ces transferts litigieux qu'ils seront alors vraiment et pleinement dignes d'estime et de confiance.

 

Olivier Emery

 

 

 

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Commentaires

Bonjour !

Je trouve votre billet intéressant du fait qu'il nous interpelle sur la moralité ou l'immoralité de la spéculation.

Définition de la spéculation (Wikipedia) :

" La spéculation est, en économie, l'action de prévoir les évolutions des marchés et d'y effectuer des opérations d'achat et de vente en conséquence, de façon à retirer des bénéfices du seul fait des évolutions des marchés. "

En vous référant à ce verset de la Genèse " Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ", on peut effectivement en conclure que la morale chrétienne condamne la spéculation.

Mais est-ce si sûr ?

Car on peut légitimement se poser la question dès lors que l'on ne fixe pas les bornes de la spéculation. Le prêt à intérêt n'est-il pas après tout de la spéculation ? Le cultivateur suggéré par le verset de la Genèse aurait-il voulu soulager sa fatigue en suant un peu moins tout en augmentant sa productivité, qu'il aurait remplacé sa bêche par une charrue et un cheval. Oui mais comment aurait-il fait sans argent, sinon emprunter ? Imaginons que la banque lui ait octroyé un prêt pour ces achats - en fait un investissement - en lui fixant un intérêt dont le taux reflète le risque encouru par ladite banque. Cette opération n'est-elle pas une forme de spéculation ?

Pour prendre un autre exemple, les rentes du 2ème pilier versées aux retraités suisses sont issues des dividendes d'un portefeuille d'actions placées en bourse. Qu'est-ce donc qu'un dividende d'action sinon le fruit d'une spéculation ?

On pourrait en dire autant des obligations d'Etat, sans que cela nous interpelle le moins du monde, alors où donc placer la "limite morale" d'une opération spéculative ? Pas si simple ...

Pour en revenir à "l'affaire Hildebrand / BNS", ce qui pose problème c'est le conflit d'intérêts sous-jacent. Y a-t-il eu ou non délit d'initié ?

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 06/01/2012

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