09/02/2011

Camus a (presque) toujours raison

Comment rester insensible à la beauté, à la limpidité, à la fluidité, à la "sainteté" de Camus ?

 

Son français est un enchantement. Chacune de ses phrases se déguste comme un exquis praliné de prose poétique. La richesse de son vocabulaire le dispute à la simplicité des mots. Toujours lumineux mais jamais éblouissant, Camus nous délivre un message d'une profonde justesse et d'une humanité rare.

 

Son propos est souvent fort, mais jamais violent;  puissant et combatif, mais jamais méprisant; tout à la fois empreint et de conviction et de respect. C'est dans cette capacité d'englober des qualités de prime abord difficilement conciliables que Camus atteint une véritable grandeur, celle que décrit un autre génie français, Pascal : " On ne montre pas sa grandeur pour être à une extrémité, mais en touchant les deux à la fois".

 

C'est d'ailleurs par cette citation que débute "Lettres à un ami allemand" (Folio Gallimard). Ces lettres publiées, clandestinement en 1943, s'adressent, en réalité, à un "ami nazi" et non à un "ami allemand". Voici quelques morceaux choisis que feraient bien de méditer celles et ceux qui seraient, aujourd'hui ou demain, tentés d'être séduits par des partis politiques trop fortement ancrés tout à droite de notre échiquier politique :

 

-       J'aime trop mon pays pour être nationaliste.

 

-       J'aurais honte aujourd'hui si je laissais croire qu'un écrivain français puisse être l'ennemi d'une seule nation.

 

-       Il y a toujours en nous quelque chose qui se laisse aller à l'instinct, au mépris de l'intelligence, au culte de l'efficacité.

 

-       Qu'est-ce que la vérité, disiez-vous ? Sans doute, mais nous savions au moins ce qu'est le mensonge : c'est justement ce que vous nous avez appris.

 

-       Le mot de patrie prend chez vous des reflets sanglants et aveugles, qui me le rende à jamais étranger, tandis que nous avons mis dans le même mot la flamme d'une intelligence où le courage est plus difficile, mais où l'homme trouve du moins tout son compte.   

 

 

 

OE                     

16:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |